Suite à la tempête qui vient de dévaster l’Ouest de la France, tout particulièrement le département de la Vendée et ayant causé une cinquantaine de morts, la polémique se fait vive sur les fautes et les mesures à prendre.
La loi du 2 Février 1995 a conduit à la création de plans de prévention des risques d’inondations avec des limitations, voire des interdictions de construire. Elle n’a pas été partout respectée et des maisons construites, sans permis de construire, n’ont pas été démolies par certains maires. Des responsabilités civiles et pénales seront sans doute engagées. Cependant, rien n’a vraiment été prévu pour obliger la construction d’ouvrage de protection pour les maisons déjà construites ainsi que pour l’entretien, ni pour acheter et de faire démolir celles qui présentaient le plus de risques. Enfin, les mairies ont bien été alertées sur le danger qui se profilait mais il faut reconnaitre que dans une petite commune sans moyens techniques, qui a réellement la possibilité de prévenir tous les habitants ? Sans compter les maires sollicités en permanence pour des dangers qui ne sont finalement pas avérés et qui renâclent à déranger leurs concitoyens…
La loi Grenelle 2 que je suis à l’Assemblée nationale comme rapporteur dans sa partie « risque sur les inondations », prévoit de généraliser les diagnostics sur les risques dans ce domaine et de mettre en place des moyens de protections dans le cadre d’un calendrier très précis. L’inondation de Charleville-Mézières, il y a quelques années, a marqué les esprits ; des mesures de protection des habitations autour du fleuve Meuse ainsi que la création de zone de retenue de crue étaient considérées comme indispensables. Il n’existait pas de loi pour encadrer ces dispositifs et les bonnes volontés se sont heurtées aux réticences face aux efforts nécessaires et aux contraintes.
Notre pays n’a pas de culture du risque comme en Hollande ou en Belgique, de peur d’affoler les personnes concernées. La proximité avec une usine chimique, une centrale nucléaire, un fleuve ou une zone sismique est une source de danger. Faute d’en informer régulièrement les riverains, en parler avec eux, ces derniers oublient les risques et ne pensent pas à demander des comptes aux responsables concernés voire à se poser la question de leurs propres contradictions. Il faut attendre des drames pour réagir et ensuite passer à un autre sujet.
Notre démocratie n’est pas adulte.
Bertrand Pancher